Le Sénégal va destituer Jammeh

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Yahya Jammeh est le produit de la dissolution de la Confédération Sénégambienne. Un arrangement politique apporté à la suite de la tentative de coup d’Etat de 1981 qui a abouti à l’intervention militaire sénégalais qui a réinstallé Sir Dawda Jawara au pouvoir. Yaya Jammeh a essayé et réussi en Juillet 1994 un putsch pour  le renversement du gouvernement démocratiquement élu de Sir Dawda. Le président Abdou Diouf  avait tacitement approuvé le coup d’Etat comme un moyen de se venger de Sir Dawda Jawara à propos de la rotation de la direction de la Confédération qui a conduit à son éclatement. Les Observateurs de la scène politique , y compris certains politiciens sénégalais ont  accusé Diouf de permettre une animosité personnelle de l’emporter sur l’intérêt national en permettant aux soldats voyous de s’emparer du pouvoir, une décision qui sera sans aucun doute une menace à la sécurité intérieure du Sénégal.

Un régime militaire en Gambie a été vu par beaucoup comme capable de poser des problèmes de sécurité au régime de Diouf  et compliquera la résolution du conflit casamançais au Sud du pays. Cependant Diouf avait estimé qu’il en valait le prix. L’on sait maintenant que c’était un lourd prix à payer. Le régime de Jammeh a affaibli le Sénégal, économiquement et militairement par l’ingérence dans les affaires du Sénégal à travers le MFDC – un groupe rebelle qui a un lien direct  avec le régime de Banjul. Le gouvernement central de Dakar doit augmenter son budget militaire pour combattre les rebelles de la Casamance qui sont financés par le régime à Banjul. Ce sont des ressources qui auraient autrement été  injectés dans  des projets de développement et d’autres activités visant à améliorer les conditions de vie du Sénégalais ordinaire.

La politique de statu quo adoptée par Abdou Diouf a été maintenue tout au long du régime d’Ablaye Wade avec moins de succès, malgré que ce dernier aurait assuré aux  sénégalais  la résolution du conflit dans les 100 jours de son nouveau gouvernement en 2000, il a eu cependant peiné  à résoudre la  rébellion en Casamance. Plus de ressources ont été utilisées  par le régime de Wade en utilisant des méthodes peu orthodoxes pour  financer les rebelles qui étaient plus intéressés à prolonger la guerre que sa fin.

Le « Collectif des Cadres Casamançais  » (CCC), une organisation de citoyens natifs de la région de la Casamance qui résident principalement à Dakar se sont immiscés dans le processus de paix avec comme seul objectif  de se sucrer sur les dos de la population. Le même groupe  de personnages  fait la navette entre Dakar et Banjul agissant sous  la couverture diplomatique du régime de Wade au nom du processus de paix tout en s’enrichissant. Certains des membres les plus influents de la CCC sont, comme Yahya Jammeh, de la tribu Jola. Les progrès réalisés sous l’ère  de Diouf ont disparu  sous le régime d’Abdoulaye Wade en partie parce qu’il comptait  davantage sur  des méthodes informelles plutôt que sur  les canaux diplomatiques officiels, approche que l’actuel président du Sénégal  Macky Sall a prôné quand  il était Premier ministre mais toujours  rejetée par le président Wade et ses acolytes, dont Pierre Goudiaby ATEPA. La résolution de la crise casamançaise à travers une approche informelle est dénuée de sens si l’on considère le respect bien mérité de la diplomatie sénégalaise  considérée comme l’une des meilleurs en Afrique.

 

Les développements récents à  Banjul ont mis l’accent une fois de plus sur le  régime de Jammeh après l’exécution des condamnés à mort. Parmi les 50 prisonniers condamnés à mort, 9 ont été officiellement exécutés et deux Sénégalais figurent dans le lot. L’admission de ce forfait par le régime est venue seulement après un déluge de demandes d’Amnesty  International Sénégal, de l’Union africaine, l’Union européenne et les membres de l’organisation civile au Sénégal et de l’étranger, y compris la diaspora gambienne. Des manifestations de protestation ont  été planifiées à Dakar , Washington, New York, Atlanta, Londres, Oslo, Stockholm et  ont sonné  l’alarme pour se pencher d’urgence sur le cas du régime de Yahya Jammeh . Le régime de Jammeh est un régime arrogant qui  a toujours fait fi des protestations diplomatiques mais qui tout d’un coup se trouve en face d’une pression diplomatique jamais connue auparavant .

Le Sénégal pose la plus grande menace pour la survie du régime de Jammeh. Le régime actuel a été opposé à la résolution politique du conflit  casamançais sous l’ère d’Abdoulaye  Wade. Macky Sall a essayé de réorienter la politique de résolution de la rébellion qui a échoué sous Wade. La posture du président sénégalais et ses déclarations fermes  signent une nouvelle ère distincte de celle d’Abdoulaye Wade. Macky Sall  a donné à Yaya Jammeh un ultimatum: arrêter les futures exécutions, et restituer les corps des  deux Sénégalais .

Cet ultimatum va poser problème au  régime de  Banjul. Jammeh ne pourra pas être en mesure de produire des corps  qui ont pu avoir été soit servis  à ses crocodiles dans son village ou avec des  organes mutilés qu’on aurait du  mal à  récupérer  à partir d’une fosse commune. L’état des corps  des victimes  ne permettrait pas  qu’ils puissent être présentés au gouvernement sénégalais sans provoquer la consternation. En plus des problèmes posés par les corps des personnes exécutées, Yaya a menacé  de continuer à mener les  exécutions. S’il doit exécuter sa menace, le gouvernement sénégalais va intervenir.

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