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Interdiction du Port de la Voile a JA : Une affaire de Souveraineté Nationale.

L’interdiction du port de la voile au Sénégal a fait couler beaucoup d’encre et la polémique continue de nous livrer des débats passionnels ou les croyances se heurtent et le feu de l’intolérance et de la division s’attise de plus en plus.

En fait de quoi s’agit –il ?
L’Institution Jeanne d’ARC un établissement scolaire privé de Dakar qui est sous la tutelle du ministère de l’éducation nationale et qui comme chaque établissement scolaire public ou prive s’est engagé à respecter strictement la règlementation officielle du ministère de tutelle a pris la décision d’interdire le port de la voile dans son établissement sous couvert du laïcat et des valeurs chrétiennes de l’institution et pour mettre fin aux attitudes sectaires de certains élèves dit-elle !

La décision de l’ISJA viole la réglementation du ministère de tutelle et en elle-même est contradictoire, hypocrite et dénuée de sens.
Hypocrite quand l’on sait que la fondatrice de la congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny dont se réclame l’institution est une voilée et que les différentes sœurs qui se sont succédées a la tête de l’institution depuis sa naissance à l’exemple de Mère Paule (1987 -2008) et Sœur Yvonne sont toutes des voilées !
(https://www.isjadakar.com/etablissement)

Alors pour quelle raison l’ISJA a-t-elle prise cette décision discriminatoire contre des élèves à obédience musulmane qui ont choisi de se conformer au port de la voile et assumer pleinement l’exercice de leur religion ?

Je ne saurais me conformer au ramassis d’explications fantaisistes et contradictoires du communiqué du Conseil National l du Laïcat du Sénégal d’obédience chrétienne (sic) du 09 Mai 2019 en réponse au communique du ministre de tutelle Mamadou Talla qui ne faisait que son devoir de rappeler à l’ISJA qu’elle devait se conformer aux directives du ministère de tutelle et que la laïcité au sein de l’établissement qui garantit à tous les citoyens une liberté de conscience sous l’ordonnance de la loi d’orientation #91-22 du 30 Janvier 1992 (https://www.seneweb.com/…/affaire-jeanne-d-arc-la-position-…)

Dès le départ le CNLS (Conseil National du Laïcat du Sénégal) un nom qui sonne faux vu qu’une structure ne pourrait être laïque et avoir une obédience religieuse en même temps nous sert un ramassis d’explications contradictoires et ubuesques et fausse le débat en le recadrant sur un autre terrain en parlant des réalisations de l’église catholique au Sénégal que nous saluons au passage.
(https://www.seneweb.com/news/Education/port-du-voile-la-reponse-seche-des-quot-_n_282061.html)

Cependant le débat ne se trouve pas la bas la question qui se pose est de savoir si l’ISJA au-delà de sa longue histoire au Sénégal a le droit de bafouer les lois de la République et de faire fi de la réglementation qui régit les établissements scolaires prives et publiques et imposer sa loi à tout un pays à 95 % musulman ?

Qu’est ce qui pourrait expliquer qu’une simple institution d’enseignement privé tient tête à son ministère de tutelle, fait fi du communiqué du ministre le mettant en garde et ait l’audace de mettre en exécution une mesure discriminatoire contre les élèves musulmanes qui ont opté d’exercer leur droit de se voiler ?

Qui se cache derrière l’ISJA et tire les ficelles et veut semer les graines de la discorde au Sénégal avec une telle mesure discriminatoire d’une infime minorité contre une majorité écrasante ?

La suite de ce contentieux entre l’ISJA et l’Etat du Sénégal par le biais du Ministère de l’éducation nationale a un enjeu socio-politique capital et interpelle tout sénégalais. Le Ministère de l’éducation Nationale ne doit céder en aucun cas et accepter cette mesure discriminatoire de l’ISJA et doit résister aux pressions extérieures et faire appliquer les textes en vigueur.
Le peuple sénégalais à travers cette mesure discriminatoire doit résister a l’importation de la laïcité a la française qui ne correspond pas à nos réalités sénégalaises.

Le débat de la laïcité en France a fait rage dans le passé et est en train de s’exporter au Sénégal.
Pour rappel dans le contexte historique le principe de laïcité a pris corps pour la première fois pendant la Révolution française et s’est définit par la fin des privilèges ecclésiastiques et de l’affirmation de principes universels, dont la liberté de conscience. Avec le concept de la laïcité l’Etat Français s’est affranchi de ses liens historiques d’avec l’Église catholique et a créé de nouvelles normes politiques et sociales bâties sur le principe de l’universalisme républicain.

Cependant la Nouvelle Laïcité française est, contrairement à celle issue de la loi de 1905, « dans une logique de contrôle. Elle veut neutraliser tout ce qui, dans le religieux, différencie, singularise. On mobilise la laïcité pour aseptiser le religieux, perçu comme un microbe qui corrompt le vivre-ensemble. Les citoyens devraient renoncer à la part d’eux qui n’est pas commune, dès lors qu’ils entrent dans l’espace public.

C’est ainsi que les affaires du voile islamique en France ont tenu le pays gaulois en haleine (l’affaire des collégiennes de Creil (1989), l’affaire de la crèche Baby Loup)
(https://fr.wikipedia.org/…/Voile_islamique_dans_les_écoles_….

Toutes ces affaires qui se sont passé en France ont un dénominateur en commun l’islamophobie et lutter contre la prétendue « menace islamique « en France.

Le contexte Sénégalais est bien diffèrent de la France, la nouvelle laïcité française ne saurait faire long feu car les musulmans sont majoritaires au Sénégal et on ne pourrait nous imposer de nous défaire de notre identité culturelle et religieuse au profit d’une certaine hypocrite laïcité française , une laïcité absurde qui affamerait un élève musulman en France puisqu’il voulait manger du Halal et que son établissement avait rétorqué qu’il avait seulement le choix entre un jambon de porc ou la faim ?

Une laïcité absurde qui interdit une femme musulmane de porter le burkini à la plage mais autorise une autre femme d’être totalement nue sur la même plage !
Si le peuple sénégalais à 95 % musulman accepte sans broncher cette mesure discriminatoire quelle sera la prochaine trouvaille de l’ISJA ? Obliger les élèves de l’ISJA de manger du jambon de porc ou de ne pas manger à la cantine scolaire ?

Au-delà de cette polémique qui fait actuellement rage au Sénégal c’est les lacunes de notre système éducatif qui sont mis à nu et l’accent devrait être mis sur la création de structures scolaires publiques de qualité et l’accompagnement de l’Etat aux structures à caractère religieux comme les Instituts Al Azhar.

Il est grand temps que nos chefs religieux se prononcent sur la question et ce ne sera pas aujourd’hui que le peuple sénégalais va renoncer à ses valeurs culturelles et socio-religieuses au profit des valeurs françaises et après que nos vaillants chefs religieux tels que Cheikh Ahmadou Bamba ont fait échoué le projet d’assimilation du colon français.

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